De nos jours, l’Eté correspond sous nos latitudes au soleil, aux vacances et au repos. Dans l’antiquité, c’était le moment des récoltes. L’Eté est aussi utilisé comme une métaphore de moments fastes ou riches.

Je remarque que, de nos jours, nous ne faisons guère attention aux saisons pour nos activités tertiaires et industrielles. Nous espérons récolter en toute saison. Pour autant, avons nous semé quand il le fallait. Avons nous semé ce qu’il fallait, comme il le fallait?

L’important, semble ici de savoir ce que nous voulons récolter. Et pour cela nous devrions nous intéresser davantage à ce que nous semons, et pour qui nous semons.

Voici une histoire du planteur de dattes, d’après un conte sépharade de Leo Rothen’s Jewish Treasury, Edition Bantam Books.

Dans une oasis perdue au milieu des plus lointains paysages du désert, le vieux Eliahu était à genoux, à côté des palmiers dattiers.

Son voisin Hakim, un riche marchand, s’arrêta à l’oasis pour y faire boire ses chameaux et y vit Eliahu en sueur qui semblait creuser le sable.

« Comment vas-tu l’ancien ? La paix soit avec toi.

– Et avec toi, répondit Eliahu, sans interrompre son travail.

– Que fais-tu là par cette chaleur, avec cette pelle dans les mains ?

– Je plante, répondit le vieil homme.

– Que plantes-tu là, Eliahu ?

– Des dattes, répondit celui-ci en montrant la palmeraie autour de lui.

-Des dattes ! répéta le nouveau venu. (Et il ferma les yeux comme quelqu’un de compréhensif qui vient d’entendre la plus grosse bêtise de sa vie). Mon cher ami, la chaleur a troublé ton cerveau. Viens, laisse ce travail et allons à la boutique boire un verre de liqueur.

–  Non, je dois finir de planter. Ensuite, si tu veux, nous boirons…

– Dis-moi mon ami, quel âge as-tu ?

– Je ne sais pas, soixante, soixante-dix, quatre-vingt ans… Je ne sais pas, j’ai oublié. Mais qu’importe ?

– Écoute mon ami, les dattiers mettent cinquante ans à pousser, et ce n’est qu’une fois adulte qu’ils sont en mesure de donner des fruits. Je ne te veux pas de mal, tu le sais. Je te souhaite de vivre au moins jusqu’à cent un ans, mais tu sais que tu pourras difficilement récolter quelque chose de ce que tu plantes aujourd’hui. Laisse ça et viens avec moi.

– Écoute Hakim, j’ai mangé les dattes qu’un autre avait plantées, quelqu’un qui ne rêvait pas non plus de déguster ces dattes. Je plante aujourd’hui pour que d’autres puissent manger demain les dattes que je suis en train de planter… Et même si ce n’était qu’en hommage à cet inconnu, ça vaut la peine que je termine ma besogne.

– Tu m’as donné une grande leçon, Eliahu. Laisse-moi t’offrir une bourse pour payer cet enseignement que tu m’as dispensé aujourd’hui. Et disant cela, Hakim mit une bourse en cuir dans les mains du vieillard.

– Je te remercie pour tes pièces l’ami. Tu vois, cela arrive parfois : tu me prédisais que je ne récolterai jamais ce que je suis en train de planter. Cela semblait certain, et cependant, regarde, je n’ai pas encore fini de planter que déjà, je récolte une bourse et la gratitude d’un ami.

– Ta sagesse me surprend l’ancien, c’est la deuxième grande leçon que tu me donnes aujourd’hui, et peut-être est-elle plus importante que la première.  Laisse-moi donc te payer aussi cette leçon avec une autre bourse.

– Et cela arrive parfois, poursuivit le vieux. Et il tendit la main en regardant les deux bourses. J’ai planté pour ne pas récolter, et, avant d’avoir fini de planter, je récolte non pas une mais deux fois.

-Ça suffit, vieux. N’ouvre plus la bouche. Si tu continues à me prodiguer tes enseignements, je crains que toute ma fortune n’y passe… ».

Ce que nous récoltons au quotidien est le résultat de tout ce que nous semons tout au long de notre vie.

Ce n’est pas la possession qui nous apportera le bonheur mais la capacité à profiter de ce que nous avons déjà.  Ce que nous sommes conditionne nos capacités, nos capacités conditionnent nos attitudes, nos comportements et nos actions.

Je vous incite à relire : “l‘Homme qui plantait des arbres”, nouvelle écrite en 1953 par l’écrivain Jean Giono pour « faire aimer à planter des arbres », selon ses termes pour découvrir la puissance de la générosité et de la persévérance… Et je vous propose de vivre une belle fin d’été !

Bien chaleureusement

Hervé